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Hommage à Andrew Naytowhow (1933 - 2005)

« êkâ wîhkâc asênik ayisiyiniwak kîspin kiwîcimikowak kita-wîcihacik » (ne repousse jamais une personne qui te demande son aide) est la phrase qui décrit le mieux mon père, Andrew Anias Naytowhow et sa façon de vivre dans ce monde.
Quand il jouait, travaillait et partageait ce concept de pimâtisiwin (ou bonne vie) avec sa famille, ses amis et les membres de sa famille adoptive, il embrassait vraiment ce principe de kisewatitatowin (ou capacité d'aimer et de respecter tout ce qui vit) avec autrui, y compris les êtres du monde des esprits.
Andy a travaillé avec des gens de tous horizons : travailleurs de la santé, personnel de prison, chef et conseil, conseillers de centres de traitement, toxicomanes, alcooliques, criminels, hommes et femmes, gens de toutes nationalités. Il adorait les enfants et avait une famille très étendue. Il était aimé et respecté de tous et de toutes, de partout sur l'île Tortue et au-delà.

Par le truchement de cet instrument magique et informatique appelé Internet, je solliciterai des prières pour ce projet appelé wêpinâsowina ou offrandes aux esprits, esprits du vent de la grande toile mondiale.

Quand Cheryl (Waynohtew) L'Hirondelle m'a demandé de collaborer à wêpinâsowina, qu'elle dédiait à mon père, (feu) Andrew Anias Naytowhow, j'ai d'abord hésité à cause de toutes ces années d'apprentissage de la nêhiyawin (vision du monde propre aux Cris) qui, lors de ses passages de professeur à élèves, se fait tantôt souple, tantôt rigoureuse.

J'ai fini par penser que nêhiyawin consistait probablement à enseigner à d'autres êtres humains - ou « notre parenté » comme nous sommes souvent invités à désigner les autres nationalités qui vivent comme nous sur notre mère, la Terre. Ainsi, nêhiyawin leur viendrait aussi en aide.

Ce sont donc les récits des aînés qui m'ont finalement incité à prendre part au projet wêpinâsowina de Cheryl. Leurs récits qui préconisent d'appliquer notre esprit à cette tâche importante : révéler la connaissance, propager les récits narrations et les enseignements significatifs, plus que nécessaires à l'humanité.

La présentation du concept de wêpinâsowina aux êtres de tous les horizons fut le pilier de la philosophie de mon père (avant qu'il parte nous aider depuis l'autre bord). Suivant sa pratique d'un don généreux de sa personne (et des enseignements nêhiyawin) aux êtres qu'il a croisés au cours de ses voyages dans toute l'Amérique du Nord, j'ai cultivé à mon tour cette même philosophie qui m'accompagne sur le chemin de la vie.

Je suis heureux de constater que Cheryl ne fouille pas trop avant dans les rouages ou dans la totalité de ce que représente wêpinâsowina. Ce serait dénier à celui ou celle qui cherche la connaissance une partie de sa quête individuelle. Son introduction à l'idée générale qui sous-tend nêhiyawin correspond tout à fait à notre philosophie de compassion et de partage. D'après ce que j'en comprends, nous devons répondre à quiconque demande une aide spirituelle, physique, affective ou mentale. Ce que mon père pratiquait, puisqu'il y croyait.

Depuis que j'ai entendu ce bref récit d'un aîné, voici quelque trente ans, j'observe l'évolution du climat. Car son récit annonçait ce phénomène. Il m'avait incité à observer les éléments - la terre, l'air, le feu et l'eau - évoquant leur accélération future.

Voilà ce que les aînés m'ont enseigné à dire, quand l'auditeur est prêt à des récits plus lourds de sens. Et c'est essentiellement la raison pour laquelle j'ai recours à la plus grande force capable de répandre la parole - la toile mondiale ou World Wide Web - où on peut trouver aussi des récits réconfortants d'amour et de compassion à transmettre aux millions qui n'auraient pas eu la chance, comme moi, d'avoir accès aux aînés.

Je suis reconnaissant de cet hommage à mon père et à cette optique nêhiyawin du monde et de la vie. Si le projet wêpinâsowina aide d'autres êtres sensibles de notre mère la Terre, alors nous vivons la vérité de notre existence, comme l'avait prédit un créateur aimant et généreux.

Joseph Naytowhow, 2006

Joseph Naytowhow appartient à la nation du pakitahaw sâkahikan (le « lac où on lance les filets ») qu'on appelle maintenant Première nation de Sturgeon Lake, en Saskatchewan. Il est titulaire d'un baccalauréat en éducation de l'Université de la Saskatchewan à Saskatoon. Depuis trente ans, il joue du tambour et chante à l'occasion des pow-wows, cérémonies, réunions sociales et culturelles et célébrations artistiques en général. Depuis vingt ans, il se produit comme conteur et musicien professionnel devant divers publics d'Amérique du Nord et d'ailleurs, dans les écoles, les festivals de contes et de musique, les sites patrimoniaux et les camps culturels, à la radio et à la télévision.

www.myspace.com/josephnaytowhow